mardi, 08 mai 2012
la participation de ministres écologistes au gouvernement
Europe Ecologie – Les Verts Conseil fédéral du 8 mai 2012
Motion finale adoptée par 78 voix, soit 73% des suffrages exprimés, 15 contre et 14 « blancs »
Compte tenu de l’urgence écologique et sociale et de la situation politique et institutionnelle exceptionnelle ouverte avec la victoire de François Hollande à l’élection présidentielle, le Conseil fédéral d’EELV est favorable à une participation à un gouvernement de la gauche et des écologistes, afin d’y porter les réponses écologistes, et ceci dans le respect des dispositions qui suivent.
Prenant en compte la lettre et l’esprit de nos institutions, ainsi que les annonces de François Hollande ouvrant la possibilité aux forces qui l’auront soutenu au 2ème tour de la présidentielle de participer au gouvernement, le Conseil fédéral d’EELV considère que la participation des écologistes au gouvernement peut s’envisager dès la prise de fonction du nouveau Président de la République. Dans le respect des dispositions qui suivent cette participation a naturellement vocation à se poursuivre dans le gouvernement qui sera mis en place à l’issue des élections législatives de juin prochain. Il mandate le Bureau exécutif pour faire savoir la disponibilité des écologistes au nouveau Président de la République.
Le Conseil fédéral d’EELV décide que la participation de ministres écologistes au gouvernement s’appuiera sur l’engagement de respect de l’accord passé entre EELV et le PS, qui permet l’existence d’un groupe parlementaire écologiste à l’Assemblée nationale, et des responsabilités importantes par rapport à la transformation écologique de la société et la justice sociale visant notamment les objectifs suivants ;
•un effort massif en faveur de la transition énergétique et de la lutte contre le dérèglement climatique appuyée sur une politique de réduction volontariste de la consommation d’énergie, de développement des énergies renouvelables et de réduction de la double dépendance au pétrole et au nucléaire ; •la volonté partagée avec nos partenaires de politiques nouvelles de réduction des inégalités et de justice sociale : réforme fiscale, encadrement des loyers, hausse des minima... •la mise en œuvre d’une réforme institutionnelle instaurant un acte III de la décentralisation, la proportionnelle aux élections, le droit de vote et d’éligibilité des étrangers non communautaires aux élections locales. •le vote d’une loi cadre sur l’Economie Sociale et Solidaire permettant son déploiement le plus rapide possible dans les quartiers et les cantons défavorisés. •la réforme de la PAC et de la filière alimentaire en faveur de la généralisation rapide du bio. •la mise en œuvre d’une vraie politique de protection – restauration de la nature : bio- conditionnalité des aides publiques, fiscalité visant à l’usage économe des ressources et à l’évitement et la réparation des dommages, réarmement des Etablissements publics sur leurs compétences techniques, respect des Syndicats et Associations, durcissement et application des peines pour les infractions au Code de l’Environnement, loi sur les Droits et la Protection de l’Animal.
Considérant la richesse de la biodiversité en Outre-mer, nous demandons, de plus, que les ministres qui participeront œuvrent pour arrêter toute tentative concernant la recherche de pétrole off shore en outre mer.
L’objectif de constituer un groupe parlementaire écologiste à l’Assemblée Nationale passe par l’élection du maximum de député-e-s écologistes le 17 juin, et donc par une mobilisation très forte sur les circonscriptions obtenues dans le cadre de l’accord EELV-PS. Le Conseil fédéral d’EELV appelle à une mobilisation toute aussi forte dans les circonscriptions autonomes dans lesquelles seront menées des campagnes législatives sur la base de notre projet 2012 et ouvrant localement à d’autres accords sous réserve de validation nationale conformément à nos statuts.
Si le prochain gouvernement comporte des ministres écologistes, le Conseil fédéral du 24 juin devra adopter une feuille de route précise définissant le mode de fonctionnement entre les ministres écologistes, les parlementaires (Assemblée Nationale et Sénat), le parti (dans ses différentes composantes, conseil fédéral, adhérents, coopérateurs, commissions,..), et les acteurs de la société civile avec lesquels nous sommes en lien (par le biais de parlements régionaux, thématiques, ...), en précisant la manière dont nous concevons la conférence annuelle de bilan. Nous prendrons en compte les expériences des partis écologistes en Europe.
20:22 Publié dans EUROPE ECOLOGIE, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 07 mai 2012
« L'élection de François Hollande est une victoire pour tous les écologistes »
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14:47 Publié dans EUROPE ECOLOGIE, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 30 avril 2012
Vivement le 7 mai
L’efficacité énergétique fait l’objet de discussions âpres à l’échelon européen. La France y prend une place "particulière" en étant le principal Etat membre qui cherche à saborder les ambitions de la Commission européenne et du Parlement.
La Commission Européenne, soutenue par le Parlement, souhaite rendre contraignant l’objectif d’efficacité énergétique du paquet « climat énergie ».
Une nouvelle directive prévoit l’adoption d’outils concrets, telle la réduction obligatoire des volumes pour les énergéticiens, l'obligation de rénover annuellement 3% du des bâtiments publics, etc...
Le second enjeu porte sur le fonds européen FEDER - fonds européen de développement régional - La Commission européenne propose le fléchage de 20% du prochain budget vers l’efficacité énergétique, ce qui est une proposition indispensable pour que l’Union Européenne atteigne ses objectifs. Plusieurs Etats membres, en tête desquels la France, ne veulent pas en entendre parler.
Pour Europe Écologie - les Verts, la position des négociateurs français à Bruxelles sur l’efficacité énergétique est inadmissible. Le gouvernement français devrait impérativement faire adopter par son administration une position conforme aux engagements souscrits par la France lors du Grenelle et de l'adoption du paquet Climat-Energie.
EELV se désespère que sur un tel sujet d'intérêt général, le tandem Fillon-Sarkozy saborde le navire avant de le quitter.
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mardi, 24 avril 2012
Rebondir !
Rebondir !
L'analyse des résultats de dimanche soir, provoque selon les angles d'analyse, un vrai mélange de chaud et de froid.
Évidemment, on a raison d'abord de se réjouir du bon rapport de force gauche /droite issu de ce premier tour.
Depuis 1988, et pour une présidentielle, c'est l'un des plus favorables pour toute la gauche. Le candidat sortant a fait l'objet d'un vote massif de rejet. Le pays ne veut plus de cette équipe et de cette orientation qui divisent, menacent et pervertissent la démocratie, qui cassent aussi l'image de la France dans le monde. On peut donc espérer que le 6 mai prochain, emporté par l'addition des mécontentements, sera battu le triste sire qui déclara un jour que "l'environnement, ça commençait à bien faire". Les écologistes feront évidemment tout leur possible pour lui faire mordre la poussière en se disant que l'effet d’entraînement sur d'autres pays pourrait ouvrir la voie à un renversement de tendance sur tout le continent.
Cependant, un élément assombrit sérieusement pour tous les démocrates ce tableau, qui aurait pu sans cela prêter à une certaine forme d'optimisme.
Il concerne évidemment le score, historiquement élevé, du Front national et la pollution durable qu'il entraînera sur tout le climat démocratique.
On a beau se l'expliquer rationnellement par le crédit qu'a donné mois après mois la politique des apprentis sorciers de l'UMP aux thèses xénophobes de l'extrême droite. On a beau comprendre aussi comment l'abandon de territoires entiers et la mise hors jeu de vastes pans de la société française, combiné à la multiplication des scandales à droite comme à gauche, ont inévitablement abouti à ce résultat : le fait est que cet affaissement et cette perte des points de repères dans une partie du corps social renforcent par une sorte d'onction démocratique, le discours de rejet, de haine et de violence.
Bien sûr on discutera le raisonnement, mais quand même : si on additionne les voix du Front national et celles du parti sarkoziste qui n'a eu de cesse de l'imiter, on trouvera que plus de 45 % des électeurs ont au total exprimé un vote plus ou moins grand de fermeture et de repli de la France sur elle-même, de régression et de conservatisme.
Cet élément annonce à moyenne échéance l’émergence probable d'une nouvelle droite de la droite et un durcissement du débat politique et social dans notre pays.
Un élément d'une autre nature provoque de la perplexité mais cette fois chez les électeurs écologistes, quant à l'interprétation du résultat de dimanche et sa portée pour toute la période qui va s'ouvrir.
Beaucoup d'entre eux ont manifestement suivi l'appel au vote utile lancé par le candidat socialiste et l'ont placé en tête du premier tour, dans le but essentiel d'augmenter ses chances de victoire pour le second.
Le chiffre élevé atteint par lui ne sera pas sans signification pour toute la suite : en cas de victoire, François Hollande sera non seulement le chef de l’État avec l'ensemble des prérogatives qui s'attachent à cette fonction, mais aussi le leader, le pivot, le décideur et in fine l'arbitre incontesté des orientations structurant les grandes politiques du pays.
Mais même dans le contexte de la cinquième république, un premier tour de présidentielle ne saurait valoir comme étalon unique ou comme curseur définitif du rapport entre les forces qui constituent la majorité issue de toute la séquence.
On comprend bien qu'il ait été impossible au candidat socialiste de dire que lui étant élu, s'appliquerait un autre programme que celui présenté devant les électeurs.
Mais il ne serait guère conforme non plus à la revalorisation fortement attendue du rôle de toutes les institutions républicaines et notamment du parlement dont l'élection est à venir, que la mise en œuvre du programme du candidat de second tour ignore les apports de tous ceux qui s'engageront d'une façon ou d'une autre dans l'alliance majoritaire pour soutenir ou conduire une nouvelle politique.
S'agissant des écologistes, ils ont signé et approuvé il y a quelques mois un accord de législature de bonne qualité avec les socialistes.
Si François Hollande a dit, ce dont il doit être crédité, que ce document serait respecté dans sa dimension électorale, tout le monde est à cette heure dans le plus grand brouillard sur ce qu'il adviendra des politiques actées par cet accord et par exemple des conditions et rythmes de la transition énergétique qui préoccupe beaucoup nos concitoyens.
Il est sans doute opportun, non de ré-ouvrir une négociation à ce sujet, mais de donner un signal clair aux électeurs écologistes sur le fait que les thèmes qui les motivent et qui ont été grandement absents des discours de premier tour, seront fortement réintégrés dans toutes les phases qui vont s'ouvrir.
Ce serait d'autant plus rassurant pour eux que la déconvenue électorale subie ce dernier dimanche soir ne les incite pas forcément spontanément à l'optimisme.
Alors un mot rapide sur cette déconvenue qui méritera un bilan plus approfondi au lendemain du second tour.
Eva Joly doit d'abord être remerciée, et pas seulement pour la forme, d'avoir représenté dignement les écologistes avec une pugnacité reconnue par tous.
Sa constance marquera durablement le patrimoine militant des écolos, elle anticipe sur ce que seront un jour les qualités exigées de tous pour exercer des responsabilités publiques dans une république profondément rénovée.
Quelle qu'ait été telle ou telle insuffisances de la campagne, le score d’Eva engage, comme il y a cinq ans celui de Dominique Voynet, notre responsabilité collective à tous.
Nous avons à l'évidence beaucoup progressé ces dernières années en compétence, en expertise, en autonomie de pensée et d'action. Mais manifestement pas assez pour nous dépatouiller de cette élection que nous n'aimons pas a priori, mais dont il faudra bien pourtant intégrer les règles et les codes si nous voulons la réformer un jour profondément.
Alors comment les écologistes peuvent-ils dépasser dans les semaines à venir la déception qui pourraient naître chez eux des aspects démobilisateurs de la situation actuelle ?
Sûrement pas en se repliant sur eux-mêmes pour attendre des jours meilleurs.
D'abord, ils peuvent rebondir en prenant vraiment leur place dans la dernière ligne droite pour vaincre Sarkozy, bataille qui est à cette heure loin d'être gagnée alors qu'elle représente la clef de tout.
Ensuite, il leur appartient de réunir toutes les conditions d'une belle campagne pour les élections législatives au mois de juin. La possibilité d'obtenir un groupe à l'Assemblée nationale ouvrira une étape nouvelle en donnant plus d'écho à leurs activités et à leurs propositions.
Ensuite encore, ils doivent débattre sereinement et trancher entre eux, quant à la place qui sera la meilleure, dans les années qui viennent, pour faire de l'écologie la réponse quotidienne la mieux adaptée aux crises fortes et inédites qui frappent notre pays et nos concitoyens.
Celles qui feront de la présidence possiblement socialiste dans quinze jours, un quinquennat utile pour la population et pour l'écologie.
Enfin, il leur faut amorcer une étape nouvelle dans la construction de leur mouvement afin que le peuple de l'écologie trouve une visibilité nouvelle, une force et une capacité d'action à l'échelle hexagonale comme à l'échelle européenne.
L'action nous presse, mais la définition claire de nos buts pour la séquence qui s'ouvre, nous attend aussi.
Jacques Archimbaud, secrétaire national adjoint
17:47 Publié dans ecologie, EUROPE ECOLOGIE, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

