mercredi, 21 février 2007
LA GARE LGV DOIT RESTER À ANGOULÊME
Sur le problème de la gare LGV d'Angoulême.
L’implantation d’une gare à Asnières favoriserait le développement de l’usage de la voiture. Heureusement que la gare d’Angoulême est difficilement accessible aux voitures !! c’est justement ce qu’il faut pour inciter les voyageurs à se rendre à la gare en transports collectifs. Il ne faut pas comme le réclame de nombreux usagers adapter l’accès de la gare à la voiture mais adapter les transports collectifs aux trajets domiciles gare (ce qui ne se fera pas d’un coup de baguette magique !)
Pour la LGV-PACA (Marseille-Nice), dont le débat public s'est terminé l'année dernière, la FNAUT a d'entrée de jeu marqué son opposition absolue aux gares betteraves. Ainsi, une grande ville comme Toulon aurait été écartée des futurs grands courants ferroviaires nationaux, et selon certains scénarios, Marseille risquait d’être court-circuité par les TGV direct Paris Nice.
Le maire de Marseille a exigé le passage des TGV par la ville de Marseille, et il a eu raison, même si c'était plus cher, sinon, c'était du déménagement du territoire. Le cas de la gare d'Angoulême est donc très similaire à celui de Toulon. Les villes bien organisées ont mis des décennies à créer des pôles d'échanges cohérents, où l'on retrouve l'ensemble des transports : gare centrale, TER, trains de grandes lignes, TGV, dessertes urbaines, dessertes routières départementales, etc. ...
Accepter une gare excentrée en périphérie, c'est accepter de jeter à terre cette belle organisation (enfin pour Angoulême c’est plutôt un souhait car la municipalité n’est pas très sensible a ces problèmes !!), c'est multiplier les parcours de pré et post-acheminements en automobiles Depuis l'origine, on a déjà quadruplé les parkings d'Aix-TGV alors que la gare n'existe que depuis juin 2001 ! Et le stationnement sauvage, combattu farouchement dans les débuts, commence à être toléré, et déborde maintenant largement des limites de la gare.Certains jours, les pelouses servent au stationnement.
Toutes les rames ne passeront pas par la gare d'Angoulême .Aux heures de pointe, les TGV complets dès le départ pour Bordeaux, Pau, Tarbes, la Cote Basque, voire Toulouse, seront naturellement directs. Pourquoi arrêter des trains qui sont pleins au départ et où tous les voyageurs vont à la destination finale ? Par contre, aux heures creuses, ainsi que pour les TGV devant desservir Angoulême, nous avons tout intérêt à garder notre gare centrale actuelle, source de correspondances avec un système de transport qui a mis des années à se construire.
Cela présente 3 avantages :
- la ville est desservie dans sa gare centrale, en centre-ville
- aux heures creuses, le fait de desservir des stations intermédiaires permet de maintenir une certaine densité de desserte, alors qu'il serait impossible de rentabiliser des TGV directs
- le passage par des gares de centre-ville permet d'imaginer un service de TER Grande Vitesse (TER-GV), et la FNAUT a bâti un projet de cette sorte en région PACA, basé sur le fait qu'en TGV, même avec des arrêts, on peut aller à 400 km en 1 h 30. Depuis Marseille, on pourrait aller ainsi jusqu'à Toulouse, Perpignan, Lyon, Grenoble, et Nice.
Il faut donc revendiquer, comme à Toulon, un raccordement au nord et un autre au sud, qui seront empruntés par les TGV desservant la ville.
Surcoût de 25 millions d'Euro pour le raccordement sud ? Négligeable sur un projet de plusieurs milliards.
Mais en réclamant le maintien de la gare centrale, vous faites aussi l'économie de la gare "à la campagne". Le problème posé par Jean REVÉREAULT sur l’organisation territoriale est tout à fait pertinent et peut être disjoint de l’implantation d’une nouvelle gare. En novembre2005, Charente développement a organisé un débat sur le développement économique lié à l’arrivée de la LGV.avec les témoignages des villes du MANS et de VALENCE.La conclusion unanimement partagée de cette réunion était la nécessité d’union des forces vives et d’anticipation de cette arrivée.Pratiquement cela s’est traduit par un très vague projet de retournement de la gare actuelle.Les élus de la COMAGA qui crient aujourd’hui au voleur n’ont pas de projet sérieux de développement économique à proposer pour l’arrivée de la LGV. Poitiers est en train de construire sa gare multimodale avec un centre d’affaire, Bordeaux s’affaire pour accueillir de nouvelles activités. À Angoulême, la COMAGA n’a pas avancé d’un pouce sur la préparation de celle-ci. Le quartier de l’Houmeau reste désespérément en friche. La ville de Poitiers est en train de construire a coté de la gare historique une nouvelle gare multimodale et un centre d’affaire ;la ville de Bordeaux travaille d’arrache pied l’accueil de nouvelles activités. A Angoulême, rien ne se dessine !
Alors que l’on sait que la seule négociation importante est celle du nombre d’arrêt des rames LGV dans notre gare , nous ne faisons rien pour s’assurer du trafic suffisant pour rentabiliser ces arrêts. La compétition va être féroce tout au long de la ligne pour s’assure de ne pas avoir que les inconvénients de la nouvelle ligne !! Il est effectivement grand temps de se mettre autour de la table pour préparer cette nouvelle échéance importante .Il faut retrouver l’unanimité nécessaire et bien intégrer le fait que quelle que soit son emplacement la gare LGV ne sera pas celle d’Angoulême ni celle de la COMAGA ou celle de la « seconde couronne » mais celle de toute la Charente et même au delà avec la zone de rabattement.
Il y a bien un « syndrome des remparts » et il va falloir s’en débarrasser !!
18:20 Publié dans ecologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.